I – Définitions

1. Suites numériques

Pour rappel, on appelle suite une fonction (et plus précisément application) de dans : cette fonction va prendre des éléments de l'ensemble de départ et va les amener dans l'ensemble d'arrivée .

Définition

Il y a plusieurs manières de définir une suite :

  • Par récurrence : On donne le premier terme de la suite ainsi que le terme au rang .
  • Par son terme général : On donne le -ième terme de la suite en fonction de .

Attention ! Bien que ces deux modes de génération soient les principaux, il en existe d'autres : algorithme, motifs géométriques, ...

Exemple

On définit les suites et ainsi :

  • pour tout ( est définie par son terme général).
  • ( est définie par récurrence).

On remarque que bien que définies différemment, et sont égales.

2. Sens de variation

Définition

Soit une suite.

  • est croissante si on a (ou ) pour tout .
  • est décroissante si on a (ou ) pour tout .
  • est dite constante s'il existe tel que pour tout .

Si une suite est croissante ou décroissante et ne change pas de variation, alors elle est dite monotone.

3. Convergence et divergence

Convergence

On dit qu'une suite converge vers un réel quand tend vers si :

Pour tout , l'intervalle ouvert , contient tous les termes de la suite à partir d'un certain rang. On note alors : .

Cette définition est un peu abstraite mais elle signifie simplement que se rapproche autant que l'on veut de pourvu que soit assez grand.

Attention ! Il est tout à fait possible que la suite converge vers un réel mais ne soit jamais égal à .

Divergence vers

On dit qu'une suite diverge vers quand tend vers si :

Pour tout , il existe un rang tel que pour tout , . On note alors : .

Il existe une définition similaire pour la divergence vers .

Divergence vers

Dire que diverge vers signifie que :

Pour tout , il existe un rang tel que pour tout , . On note alors : .

À noter que l'on n'étudie les limites des suites que quand tend vers , et qu'il est possible qu'une suite n'admette pas de limite. On dit alors que cette suite diverge. Par contre, si une suite converge vers une limite, alors cette limite est unique.

II – Calcul de limites

1. Limites de suites de référence

Nous allons donner quelques suites classiques avec leur limite en :

Limites de suites usuelles

SuiteLimite quand tend vers
, pour
, pour

Nous allons désormais donner la limite d'une catégorie de suite très importante en mathématiques : celle des suites géométriques. Ainsi :

Limite de suites géométriques

Soit une suite définie pour tout par (où est un nombre réel). Alors, on peut donner la limite de la suite en fonction de :

Limite d'une suite géométrique
Si on a...
Alors la suite a pour limite...Pas de limite

Le réel est la raison de la suite : si , est strictement croissante, si , est strictement décroissante et si ou , est constante.

2. Opérations sur les limites

Dans tout ce qui suit, et sont deux suites. Ces tableaux sont à connaître et sont requis pour pouvoir travailler sur les limites.

Limite d'une somme

Limite d'une somme
Si la limite de quand tend vers est...
Et la limite de quand tend vers est...
Alors la limite de quand tend vers est...?

Limite d'un produit

Limite d'un produit
Si la limite de quand tend vers est...
Et la limite de quand tend vers est...
Alors la limite de quand tend vers est...?

Limite d'un quotient

Limite d'un quotient
Si la limite de quand tend vers est...
Et la limite de quand tend vers est...
Alors la limite de quand tend vers est...??

Formes indéterminées

À noter qu'il n'existe que 4 formes indéterminées : , , et .

3. Majoration, minoration et bornes

Définition

Soient une suite et deux réels et :

  • On dit que est un minorant de si pour tout : .
  • On dit que est un majorant de si pour tout : .
  • On dit que est bornée si elle est à la fois majorée et minorée.

Théorème

  • Si est croissante et est majorée, alors elle est convergente. Si elle n'est pas majorée, diverge vers .
  • Si est décroissante et est minorée, alors elle est convergente. Si elle n'est pas minorée, diverge vers .
Démonstration

Toute suite convergente est également bornée.

4. Comparaisons et encadrements

Théorèmes de comparaison

Soient deux suites et telles que à partir d'un certain rang . On a :

  • Si , alors .
  • Si , alors .
  • Si et alors .
Démonstration

Théorème des gendarmes

Soient trois suites , et . On suppose que à partir d'un certain rang et que et convergent vers le réel .

Alors .

III – Raisonnement par récurrence

Si on souhaite montrer qu'une propriété est vraie pour tout à partir d'un certain rang , il est possible d'utiliser un type de raisonnement appelé raisonnement par récurrence.

Raisonnement par récurrence

Initialisation : On teste la propriété au rang . Si elle est vérifiée, on passe à l'étape suivante.

Hérédité : On suppose la propriété vraie à un rang . Puis on montre qu'elle reste vraie au rang .

Conclusion : On explique que l'on vient de démontrer la propriété au rang et que comme celle-ci est initialisée et héréditaire, alors elle est vraie à partir du rang .

Exemple

Soit une suite définie par . On souhaite montrer que pour tout , on a .

On note la propriété définie pour tout par : .

On constate que .

Initialisation : On teste la propriété au rang :

: . C'est vrai : la propriété est vraie au rang .

Hérédité : Supposons la propriété vraie à un rang et vérifions qu'elle est vraie au rang .

D'après : . Donc on a :

(la fonction inverse est décroissante sur donc on change de sens l'inégalité)

Or et . On a donc bien :

Conclusion : La propriété est initialisée au rang et est héréditaire. Ainsi, est vraie pour tout .

Le raisonnement par récurrence est très utilisé en mathématiques et ne se limite pas qu'à l'étude des suites. On peut par exemple l'utiliser pour montrer l'inégalité de Bernoulli.

Inégalité de Bernoulli

pour tout et tout .

Démonstration

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